Tudigo, plateforme française de financement participatif, a été placée début août en procédure de redressement judiciaire. Selon BFM Business, la cessation des paiements a été constatée le 31 juillet 2026, et l'ouverture de la procédure aurait été ordonnée le 5 août par le tribunal de commerce de Bordeaux.

Fondée en 2015 sous le nom de Bulb in Town, l'entreprise revendique plus de 200 millions d'euros investis sur sa plateforme depuis sa création, ainsi que 300 levées de fonds réalisées. Le financement participatif, ou crowdfunding, permet de lever des fonds via des plateformes en ligne auprès de particuliers, sous forme de dons, de prêts ou d'investissements.

Un secteur retourné après des années fastes

Le crowdfunding a profité d'années fastes au début de la décennie, porté par des taux d'intérêt bas qui facilitaient l'accès au financement des entreprises. Mais la brutale remontée des taux à partir de 2022 a mis un coup d'arrêt à cette dynamique, fragilisant les acteurs du secteur, dont Tudigo aujourd'hui.

Dans un communiqué publié sur son site, Tudigo évoque "un retournement du marché sur lequel opère Tudigo qui a contribué à la fragilisation de l'organisation de la société". L'entreprise explique également qu'une période de crise de gouvernance interne, apparue à l'automne 2024, aurait durablement affecté son organisation.

Les fonds des investisseurs, un point sensible

Tudigo assure que les fonds des investisseurs ne transitent pas sur ses comptes et ne sont donc pas concernés par la procédure de redressement judiciaire. L'entreprise précise que ces sommes sont conservées sur des "comptes ségrégués", séparés du véhicule d'investissement des projets ou détenus auprès du prestataire de services de paiement Lemonway.

Elle indique toutefois que tout reversement de fonds serait désormais subordonné à l'autorisation préalable de l'administrateur judiciaire, ce qui pourrait entraîner des délais pour les investisseurs.

La recherche d'un repreneur sous contrainte de calendrier

Tudigo dispose jusqu'au 14 septembre pour trouver un repreneur. Les offres de reprise seraient examinées par le tribunal le 30 septembre.