ProNoïa, l'un des principaux franchisés de KFC en France, aurait été placé en procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce de Bordeaux, selon BFM Business. Le tribunal aurait ouvert cette procédure fin septembre pour la holding et ses filiales, qui exploitent notamment les KFC de la gare du Nord et du Forum des Halles à Paris, de Bayonne et de Dijon.

Fondé par Pierre Tritz, qui a ouvert son premier KFC en franchise en 2013, le groupe compterait aujourd'hui une quarantaine d'établissements et emploierait quelque 900 salariés. Il avait pourtant affiché des ambitions nettement plus élevées : avec un financement de 85 millions d'euros, majoritairement obtenu auprès de banques, ProNoïa visait à passer de 26 restaurants à près d'une soixantaine d'ici 2025, cherchant à « capter plus du tiers de la croissance » de KFC en France. Le groupe n'en aurait finalement ouvert qu'une quinzaine, notamment à La Défense et au centre commercial Parly 2.

Des finances sous tension

Le groupe, encore bénéficiaire sur l'exercice 2021-2022, aurait ensuite dérapé. Sur l'exercice clos fin mars 2025, ProNoïa aurait perdu 7,2 millions d'euros pour 83,9 millions d'euros de chiffre d'affaires, avec une dette financière de 60,7 millions d'euros. La filiale francilienne aurait de son côté perdu 4,7 millions d'euros sur l'exercice clos fin mars 2026, ses dettes dépassant alors de 14,6 millions d'euros la valeur de ses actifs.

Deux exercices de suite, ProNoïa n'aurait pas respecté les ratios financiers exigés par ses banques, qui lui auraient néanmoins accordé une dérogation fin 2025, en pleines discussions pour rééchelonner sa dette. Contacté par l'AFP, KFC France a indiqué que son franchisé avait engagé une démarche « proactive » pour « adapter et restructurer son activité face à un environnement économique exigeant ».

En toile de fond, les enseignes concurrentes de KFC se seraient multipliées, de Tasty Crousty à Popeyes. Un autre grand franchisé de l'enseigne, AmRest, qui exploite aussi des Sushi Shop, aurait vu les ventes de son activité française reculer de plus de 10 % l'an dernier et au premier trimestre, avant de constater des « signes d'amélioration » au deuxième trimestre. La consommation de poulet aurait pourtant progressé de 5,6 % en France en 2025, selon l'interprofession Anvol.

La suite de la procédure

La procédure de sauvegarde gèlerait les dettes de ProNoïa le temps de négocier un plan, qui pourrait étaler leur remboursement sur dix ans. En cas d'échec, la procédure pourrait déboucher sur un redressement, voire une liquidation judiciaire.