L'Alliance du Commerce a sollicité le Premier ministre, les ministres du Travail et du Commerce ainsi que l'ensemble des préfets pour obtenir des mesures d'urgence en faveur des points de vente touchés par les pillages et dégradations survenus les samedis 17 et 24 octobre. L'organisation professionnelle fédère les grands magasins, les magasins populaires et les enseignes d'habillement et de chaussure, soit 16 000 points de vente et plus de 150 000 salariés en France.
La fédération demande que les commerces volontaires puissent ouvrir l'ensemble des dimanches de novembre et décembre 2026. À défaut, elle réclame a minima l'ouverture des six dimanches compris entre le 22 novembre, date du lancement de la « Black Friday week », et le 27 décembre. Or les deux tiers des villes de plus de 100 000 habitants n'autorisent pas actuellement l'ouverture de leurs commerces dès le 22 novembre au titre des « dimanches du maire ».
Cette demande s'inscrit dans un contexte de marché dégradé. Selon l'Institut français de la mode, les ventes en valeur d'habillement et de textile ont baissé de 15 % en septembre 2026 par rapport à septembre 2025. Selon le panel Habillement de Retail Int. réalisé pour l'Alliance du Commerce, l'activité du secteur a reculé de 17 % au niveau national en septembre.
Des dispositifs d'aide jugés trop restrictifs

L'Alliance du Commerce demande également un élargissement des dispositifs existants. Le prêt « Solidarité Commerce » et l'activité partielle dite « zéro reste à charge » sont aujourd'hui réservés aux entreprises de moins de 250 salariés, tandis que le Fonds de soutien aux commerçants touchés par les violences est limité aux structures de moins de 50 salariés. L'organisation réclame que ces dispositifs soient ouverts à toutes les entreprises affectées, sans condition d'effectif, et que la prise en charge à 100 % de l'activité partielle soit étendue aux établissements contraints de fermer pour des raisons de sécurité, y compris en l'absence de dommages matériels.
L'Alliance du Commerce demande par ailleurs que les parcours des prochains cortèges de manifestation évitent les principales artères commerçantes, et appelle les maires à mettre en place des initiatives pour faire revenir les consommateurs en centre-ville, telles que des animations, événements festifs ou la gratuité du stationnement.
« Les commerçants et leurs salariés sont les victimes de ces violences, pas leurs responsables », a déclaré Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du Commerce.
Compte tenu de la proximité des premières échéances, la fédération attend une réponse rapide du gouvernement afin que les entreprises puissent organiser ces ouvertures dans de bonnes conditions.



