Le BHV Marais a annoncé mardi demander son placement en redressement judiciaire, selon BFM Business. L'enseigne du centre de Paris accuse son bailleur, le fonds canadien Brookfield, de ne pas avoir versé les indemnités nécessaires à sa relance.
La direction du grand magasin affirme que cette démarche vise à « sécuriser son plan de relance » et à « préserver l'activité et l'emploi ». Selon un communiqué cité par BFM Business, le projet de relance s'appuie sur un plan d'investissement financé notamment par des indemnités contractualisées en échange de la restitution au bailleur, au printemps, de plus de la moitié du magasin.
Un financement qui n'aurait jamais été débloqué
La direction du BHV Marais explique que la relance devait être lancée dès l'été avec ces fonds : réassortir, réaménager le périmètre conservé, reprendre la parole auprès des clients. Mais « sans ces fonds, elle n'a pas pu l'être », souligne-t-elle. Selon le même communiqué, « ce qui manque aujourd'hui à ce magasin, c'est la trésorerie qui lui est due ».
La direction évoque deux chantiers nécessaires: « d'une part, les investissements de la relance, d'autre part le traitement du passif ». Pour l'enseigne, cette procédure « est, pour le BHV, le cadre de la relance, pas son échec ». Elle ajoute qu'elle gèle le passif antérieur et ordonne son traitement, « sans oublier personne », tout en protégeant les marques et fournisseurs qui reviennent, payés à échéance. La procédure donnerait aussi, selon la direction, « une autorité et un calendrier pour faire exécuter les accords signés par le bailleur et les inscrire dans le plan ».
Brookfield réfute toute responsabilité
Dans une déclaration transmise à l'AFP, Brookfield, propriétaire des murs du BHV Marais, dément catégoriquement devoir une quelconque somme à l'enseigne à ce jour. Le fonds canadien estime que dire que la relance de l'activité du BHV dépend du bailleur des lieux « inverse totalement la réalité des faits ». Selon Brookfield, « c'est l'inexécution des propres engagements du BHV qui conduit à la situation actuelle ».
De son côté, le PDG du BHV Marais, Karl-Stéphane Cottendin, qui a repris l'enseigne en juin, a assuré au Figaro qu'il s'agit d'une « étape stratégique de la restructuration » engagée par la direction.
Un établissement déjà sous surveillance
L'établissement, revendu à perte en juin par la SGM de Frédéric Merlin à certains de ses dirigeants, fait par ailleurs l'objet de soupçons de l'inspection du travail, qui suspecte une cessation de paiements. La direction conteste cette analyse.



