Les montants de TVA déclarés pour les petits colis importés en France auraient plongé de 48 % entre juin et août, selon le ministre de l'Action et des Comptes publics David Amiel. Le cabinet du ministre y voit des « résultats tangibles » de la mise en place d'une taxe européenne en juillet.
Depuis le 1er juillet, l'Union européenne impose une taxe de 3 euros sur chaque catégorie de produits contenus dans les colis importés d'une valeur inférieure à 150 euros. Des frais de traitement supplémentaires de 2 euros doivent s'y ajouter à partir du 1er novembre, avec les mêmes modalités, dans l'optique de financer le renforcement des contrôles douaniers.
Ces colis transitent généralement via des plateformes comme Shein, Temu ou AliExpress. Près de 5,9 milliards de petits colis sont entrés dans l'Union européenne en 2025, un volume quatre fois supérieur à celui de 2022. Face à cette avalanche de marchandises, qui creuse le déficit commercial européen, il est impossible de contrôler systématiquement les colis, ce qui permet à des produits dangereux ou contrefaits de passer entre les mailles du filet.
Industriels et commerçants européens dénonçaient de longue date une concurrence déloyale. Plusieurs pays, la France en tête, ont poussé l'Union européenne à agir pour endiguer le phénomène.
Un satisfecit nuancé
Le ministre du Commerce Serge Papin s'est également félicité de la baisse de fréquentation et de ventes de ces plateformes. « Ces chiffres envoient des messages forts, que notre action a des effets », s'est-il réjoui.
David Amiel a toutefois nuancé ces résultats. « Nous avons encore du travail », a-t-il reconnu, expliquant que les opérateurs adaptent leur logistique et que les enquêtes prennent du temps. Les frais de traitement de 2 euros prévus au 1er novembre doivent prolonger ce dispositif, avec l'objectif annoncé de renforcer les contrôles douaniers.



