Les Forges de Tarbes ont été placées en redressement judiciaire lundi par le tribunal de commerce de Tarbes, selon des informations de BFM Business. L'entreprise, seule usine en France à fabriquer des corps d'obus pour les canons Caesar, emploie actuellement une soixantaine de salariés. Elle produit des fûts d'obus de 155 mm utilisés par ces canons, que la France fournit à l'Ukraine.
Le propriétaire du site, le groupe Europlasma, avait lui-même sollicité l'ouverture de cette procédure. La Direction générale de l'Armement (DGA) a saisi le parquet de Tarbes, lui signalant « des décisions de gestion récentes de l'entreprise qui semblent avoir précipité la dégradation rapide » de sa situation financière.
Un groupe déjà fragilisé
Europlasma avait racheté le site de Tarbes en 2021. Le groupe, initialement spécialisé dans la dépollution, a vu ses pertes se creuser largement en 2025, justifiant ses difficultés par le « caractère déficitaire de la majorité de ses activités ». D'autres sites du groupe traversent des turbulences : la Fonderie de Bretagne est en liquidation judiciaire, tandis que le métallurgiste nordiste Valdunes reste en quête d'un repreneur.
Europlasma avait annoncé en avril sa volonté de céder ses activités de défense, affirmant être en discussion avec « un industriel français ». Huit mois plus tard, aucune annonce n'est venue confirmer ces premières déclarations.
La voie vers un repreneur
La procédure ouverte lundi doit désormais permettre l'arrivée d'un repreneur pour cette entreprise jugée stratégique dans le secteur de l'armement. L'enjeu dépasse le seul cadre industriel : les Forges de Tarbes restent, à ce jour, l'unique fournisseur français de corps d'obus pour les canons Caesar déployés en soutien à l'Ukraine.



