Paul-Emmanuel Reiffers, fondateur et PDG de Mazarine, aurait porté sa participation au capital du groupe à 86 %, selon des informations publiées par WWD. L'opération marquerait la sortie de LBO France, Mirabaud et FG Bros, qui avaient accompagné le dirigeant dans la reconquête d'une participation majoritaire de 54 % en 2022. Les termes financiers de la transaction n'ont pas été communiqués.
Jacques Veyrat rejoint le capital comme investisseur minoritaire à travers sa holding Impala, avec une participation de 9 %. Les directeurs généraux du groupe détiennent collectivement 5 % de l'entreprise. Mazarine affiche aujourd'hui un chiffre d'affaires annuel d'environ 300 millions d'euros et emploie environ 500 personnes dans le monde, selon WWD.
Une famille aux commandes
« Je ne travaille pas pour vendre l'entreprise. Je ne veux pas avoir une société financière. Je veux avoir une entreprise créative, et je veux construire une marque vraiment belle », a déclaré Reiffers à WWD. Il ajoute vouloir construire l'entreprise pour les trente prochaines années et plus, ses fils travaillant désormais à ses côtés. Boniface Reiffers a rejoint les équipes à Paris et Stanislas Reiffers celles de New York.
Le groupe reste organisé autour de trois pôles : événements et production expérientielle, services créatifs et de communication, et influence, qui couvre médias, relations publiques et initiatives culturelles. Mazarine possède également le magazine Numéro et s'est diversifié dans la production artistique et d'expositions via Arter, acquis il y a deux ans. En juin, le groupe a racheté l'agence de relations publiques londonienne Bacchus, spécialisée dans le luxe, pour renforcer son accès aux clients fortunés.
Croissance aux États-Unis et ambitions internationales
Aux États-Unis, où Mazarine travaille avec Tiffany & Co. ainsi que des marques comme Nike et Apple, le chiffre d'affaires aurait triplé en trois ans pour atteindre environ 70 millions de dollars, selon Reiffers. Le dirigeant vise désormais un doublement du chiffre d'affaires du groupe dans les cinq prochaines années.
Le groupe prévoit d'ouvrir un bureau à Milan en 2027, en s'appuyant sur son implantation existante à Venise, où il produit des projets artistiques liés notamment à la Biennale. En Italie, Mazarine travaille déjà avec Gucci et Loro Piana. En Chine, Reiffers envisage une acquisition malgré un marché difficile. En revanche, les plans au Moyen-Orient restent suspendus en raison du conflit régional.
Interrogé sur le ralentissement du secteur du luxe, Reiffers y voit une opportunité plutôt qu'une crise structurelle. « Pour mon entreprise, la crise est une opportunité de se diversifier », a-t-il affirmé, évoquant une pause liée à l'incertitude géopolitique et aux changements de direction créative chez plusieurs maisons. Le groupe mise sur un pipeline d'affaires solide pour les deux prochaines années, ainsi que sur l'intérêt croissant des marques de luxe pour des expositions patrimoniales reproductibles dans plusieurs capitales culturelles.



