Tiffany & Co. et le Musée des Arts Décoratifs de Paris (MAD) ont lancé un partenariat de quatre ans portant sur la conservation, la recherche et la numérisation de plus de 10 000 pièces du fonds Jean Schlumberger. L'ensemble comprend 5 000 dessins ainsi qu'un nombre équivalent de documents, photographies et papiers personnels.
Ce fonds a été confié au MAD en 1994. Né en Alsace dans une famille de fabricants de textiles, Jean Schlumberger (1907-1987) a rejoint Tiffany en 1956, sous la présidence de Walter Hoving. La Maison, passée dans le giron de LVMH en 2021, lui doit certaines de ses pièces les plus emblématiques, à commencer par le Bird on a Rock.
Un fonds fragilisé par le temps
Les archives se sont dégradées avec les années : les papiers calques jaunissent et deviennent cassants, tandis que les vieux adhésifs noircissent et abîment le papier. Le programme vise à préserver cet héritage et à le rendre davantage accessible au public. Le partenariat doit aussi rendre la collection plus facilement consultable par les chercheurs et les passionnés.
Selon Journal du Luxe, le MAD se trouve dans le 1er arrondissement de Paris, où Jean Schlumberger a vécu et travaillé. Dans les archives, Tiffany a également retrouvé le dessin d'un solitaire Sixteen Stone imaginé par le designer mais jamais réalisé, et depuis mis en production. La Maison avait déjà mis en avant des pièces issues de ses archives l'année dernière en signant les bijoux du film Frankenstein.
Une présentation réunissant trois collections
Pour marquer cette initiative, Tiffany a organisé une présentation privée à Paris réunissant les collections du MAD, ses propres archives et celles du Virginia Museum of Fine Arts (VMFA). Ce dernier détient environ 160 pièces de bijouterie Schlumberger et 30 objets ayant appartenu à ses mécènes de longue date, Paul et Bunny Mellon, qui avaient notamment initié "Operation Objects", une commande annuelle étalée sur une décennie lui donnant carte blanche pour des œuvres décoratives.
Anthony Ledru, président et directeur général de Tiffany, a déclaré que « ce partenariat reflète notre volonté de préserver et d'approfondir la compréhension de l'héritage créatif extraordinaire de Jean Schlumberger ». Il a ajouté que l'ambition de la Maison « n'est pas simplement de préserver l'héritage de Schlumberger, mais de le faire vivre », afin qu'il continue d'être étudié, célébré et qu'il inspire les générations futures.
Clara Roca, conservatrice au MAD spécialisée dans les dessins, papiers peints et photographies, a décrit les archives comme des « documents de travail » illustrant toutes les étapes de la création. Elle a souligné le lien entre le designer et les artisans qui donnaient vie à ses idées, expliquant qu'il avait « sa vision, la mettait sur papier et faisait confiance à d'autres pour la concrétiser ».
Le partenariat entre Tiffany et le MAD doit désormais se déployer sur quatre années de travail de conservation et de recherche, avant une ouverture plus large de la collection aux chercheurs et au public.
