Une enquête de l'Intellectual Property Office (IPO) a révélé la présence de mercure, de niveaux élevés de plomb et de méthanol dans des cosmétiques contrefaits saisis au Royaume-Uni, selon un article publié par Cosmetics Business. Les tests menés par Trading Standards sur un échantillon de 50 produits cosmétiques contrefaits montrent que 20 d'entre eux ont échoué aux contrôles de sécurité, soit quatre produits sur dix.

Parmi les substances identifiées, une crème éclaircissante contrefaite contenait 1,32 % de mercure, l'équivalent de 13 200 parties par million. La même catégorie de produits a révélé la présence de 8,1 % d'hydroquinone, une substance interdite dans les produits éclaircissants cosmétiques au Royaume-Uni. Un kit de contouring contrefait affichait pour sa part 40 mg/kg de plomb, tandis qu'un parfum contrefait contenait environ 80 % de méthanol, un alcool toxique pouvant être absorbé par la peau ou inhalé. Des traces de nicotine, également prohibée en cosmétique, ont par ailleurs été détectées dans un parfum contrefait.

Ces substances exposent les consommateurs à des risques documentés. Une exposition répétée au mercure par voie cutanée peut endommager les reins et le système nerveux. Le plomb peut s'accumuler dans le corps au fil du temps, affectant potentiellement le cerveau, le système nerveux et les reins. À des niveaux d'exposition suffisamment élevés, le méthanol peut provoquer un empoisonnement grave, incluant des dommages au système nerveux et à la vue, tandis que l'hydroquinone peut causer des irritations et, avec un usage répété, des changements potentiellement permanents de la pigmentation de la peau.

En toile de fond, une opération menée en juillet 2026 par l'unité de lutte contre la criminalité en propriété intellectuelle de la police et la police du Grand Manchester a permis de saisir 1 666 produits capillaires contrefaits dans un entrepôt lors d'un raid à Manchester.

Mercury, lead and methanol discovered in seized counterfeit cosmetics in the UK

Une industrie mobilisée

Les résultats sont diffusés via la campagne "Face the Fakes" de l'IPO, qui travaille avec des organisations de l'industrie de la beauté, des experts scientifiques et des créateurs de réseaux sociaux pour sensibiliser aux risques. Millie Kendall, directrice générale du British Beauty Council, affirme que "l'industrie britannique de la beauté investit un soin, une créativité et une expertise considérables dans la création de produits que les gens aiment et peuvent utiliser en toute confiance". Elle ajoute que "la sécurité et la confiance traversent toute notre industrie, des marques qui développent les produits aux détaillants et professionnels qui les apportent aux consommateurs", avant de pointer du doigt les contrefacteurs qui "exploitent la réputation et la créativité que de brillantes entreprises de beauté ont travaillé dur à construire, sans respecter les mêmes normes". Elle se dit par ailleurs "fière de soutenir Face the Fakes et d'aider davantage de personnes à acheter auprès de sources fiables".

De son côté, Dr Emma Meredith, directrice générale de la Cosmetic, Toiletry and Perfumery Association (CTPA), souligne qu'"il existe un cadre de sécurité rigoureux derrière chaque produit cosmétique légitime vendu au Royaume-Uni", précisant que "les ingrédients sont soigneusement contrôlés, les produits font l'objet d'une évaluation de sécurité, et les entreprises ont des responsabilités légales claires pour les produits qu'elles mettent sur le marché". Elle rappelle qu'"un travail considérable s'effectue en coulisses pour que les gens puissent utiliser leurs cosmétiques en toute confiance", avant de mettre en garde : "les produits contrefaits peuvent contourner ces garanties, c'est pourquoi savoir auprès de qui on achète et choisir des sources fiables est essentiel".

Les salons de beauté, détaillants et professionnels du Royaume-Uni sont désormais incités à renforcer les contrôles sur les produits cosmétiques qu'ils achètent, utilisent et vendent.