Levi Strauss and Co a relevé ses prévisions de bénéfice annuel après un troisième trimestre jugé solide, en réinvestissant dans son activité les remboursements de droits de douane perçus sur la période. Le groupe, désigné comme le spécialiste américain du denim, a vu son résultat opérationnel bondir de 32,8 % en glissement annuel, à 222,3 millions de dollars, sur les trois mois clos le 30 août 2026.
Des revenus en hausse sur toutes les zones
Les revenus nets ont progressé de 4 % en données publiées, à 1,6 milliard de dollars, et de 5 % en organique. Les ventes en Amériques ont augmenté de 4 % malgré un recul de 1 % aux États-Unis, tandis que l'Europe affichait +4 % et l'Asie +5 %. Le résultat net des activités poursuivies, hors l'ancienne activité Dockers cédée à Authentic Brands Group en février, a bondi de 38,5 %, à 169 millions de dollars. La marge brute s'est élargie de 450 points de base, à 66,2 %.
Le wholesale a nettement surperformé le commerce direct: +6 % contre +2 % pour le DTC, dont les ventes comparables sont restées stables sur le trimestre. La marque Beyond Yoga, détenue par le groupe, a enregistré une croissance de 9 % de ses revenus totaux, en publié comme en organique.
L'effet des remboursements de droits de douane
Levi Strauss a perçu 79 millions de dollars de remboursements imputés au coût des biens vendus et 5 millions de dollars de revenus d'intérêts liés, pour un impact fiscal de 20 millions de dollars. Ces remboursements, au titre de l'International Emergency Economic Powers Act, ont contribué à hauteur de 490 points de base à l'expansion de la marge du trimestre. Le groupe a choisi d'en réinvestir 60 millions de dollars dans l'entreprise. « Nous avons décidé de réaffecter la majorité du bénéfice lié aux remboursements de droits de douane à l'activité durant les troisième et quatrième trimestres pour soutenir la croissance future. Reflétant notre confiance dans nos perspectives, nous relevons nos prévisions de bénéfice annuel et prévoyons de lancer un programme de rachat d'actions accéléré de 100 millions de dollars », a indiqué Harmit Singh, directeur financier et de la croissance du groupe.
Le commerce direct américain en retrait
Reste que la dynamique DTC a déçu aux États-Unis. « Aux États-Unis, notre campagne de rentrée scolaire n'a pas répondu à nos attentes et n'a pas généré le niveau de trafic et de demande que nous anticipions », a reconnu Michelle Gass, présidente et directrice générale du groupe. En Europe, le trafic en magasin a par ailleurs pâti des vagues de chaleur selon la dirigeante. Face à un marché du denim jugé plus concurrentiel, l'entreprise a opéré un pivot marketing en cours de trimestre. « Nous avons mis la priorité, en magasin comme dans notre communication, sur certaines de nos coupes phares, low, low loose, super low, low straight. Nous avons augmenté nos investissements médias. Il fallait percer. L'argent des remboursements de droits de douane nous l'a permis », a détaillé Michelle Gass, qui table désormais sur une croissance DTC de l'ordre de quelques points de pourcentage au quatrième trimestre.
La dirigeante, qui s'appuie depuis plus d'une décennie sur le développement du commerce direct au consommateur, et qui a mené en 2025 un partenariat marketing d'un an avec Beyoncé Knowles-Carter, a jugé que « ce n'était qu'un accident de parcours, mais je suis confiante que nous allons en ressortir encore plus forts en vue de 2027 ». Le groupe a indiqué revoir sa stratégie marketing pour le reste de l'exercice et l'année suivante, tout en confirmant le lancement du programme de rachat d'actions de 100 millions de dollars.



