Les détaillants indépendants de la chaussure auraient de nouveau enregistré une diminution importante de leur chiffre d'affaires entre juillet et septembre 2026. Selon le baromètre trimestriel réalisé en partenariat avec la Fédération des Détaillants en Chaussures de France (FDCF), la baisse moyenne atteindrait 5,60 % sur la période.
Un recul qui s'installe
Cette troisième baisse consécutive s'inscrit dans une trajectoire dégradée. Le premier trimestre avait déjà été marqué par un repli de 4,50 %, puis de 4,20 % au deuxième trimestre. Le troisième trimestre a pourtant bénéficié d'une semaine de soldes supplémentaire, les soldes d'été ayant été prolongés exceptionnellement jusqu'au 28 juillet 2026, sans parvenir à inverser la tendance.
Plus largement, la mode indépendante dans son ensemble (prêt-à-porter, chaussure, lingerie, accessoires, maroquinerie confondus) afficherait un chiffre d'affaires en recul de 8,10 % au troisième trimestre 2026, contre une moyenne de -3,40 % pour l'ensemble des commerces sur la même période.
Les segments les plus touchés
Au sein de la chaussure, c'est le segment homme qui apparaîtrait comme le plus affecté, avec une baisse moyenne de 6,20 %. La chaussure femme reculerait de 5,40 %, tandis que le segment enfant limiterait légèrement le recul, à 5,10 %.
La taille des structures joue également un rôle. Les boutiques sans salarié enregistreraient la baisse la plus marquée, à 6,60 % entre début juillet et fin septembre 2026, suivies par les entreprises de moins de cinq salariés (-6,10 %). Les structures de cinq à dix salariés (-4,40 %) et de dix à vingt salariés (-4,10 %) résisteraient davantage, tout comme les plus grandes structures, qui parviendraient à contenir leur baisse à 3,95 %.
Centre-ville en première ligne
L'emplacement accentue également les écarts. Les boutiques en rue de centre-ville enregistreraient le recul le plus marqué, à 6,55 % au troisième trimestre 2026, devant les centres commerciaux et galeries marchandes de centre-ville (-5,60 %) et les zones d'activité commerciale et retail parks (-5 %). Les centres commerciaux de périphérie apparaîtraient comme les emplacements les moins touchés, avec une diminution de 4,55 %.
Sur le plan régional, le Grand Est enregistrerait la baisse la plus importante, à 6,60 %, devant la Bourgogne-Franche-Comté (-6,50 %), les Hauts-de-France et le Centre-Val de Loire (-6,40 % chacun), et les Pays de la Loire (-6,35 %). L'Île-de-France afficherait un recul de 6,05 %. À l'inverse, la Corse (-4,20 %) et la Provence-Alpes-Côte d'Azur (-4,50 %) présenteraient les reculs les moins importants, devant l'Occitanie (-4,90 %), la Bretagne (-5,10 %) et la Nouvelle-Aquitaine (-5,20 %).
Un contexte économique et social dégradé
Plusieurs facteurs se seraient conjugués pour peser sur l'activité. La hausse des prix des carburants aurait accentué la pression sur le pouvoir d'achat des ménages, tandis qu'un climat social particulièrement tendu, marqué notamment par les manifestations à répétition du samedi (une journée pourtant essentielle pour de nombreuses boutiques indépendantes), s'ajouterait aux difficultés des commerçants. Le mois de septembre aurait par ailleurs été marqué par des températures élevées, peu favorables au lancement des collections automne-hiver.
Un quatrième trimestre déterminant
Dans ce contexte, le quatrième trimestre serait déterminant pour la profession. Les achats de fin d'année pourraient permettre de soutenir ponctuellement l'activité, mais après neuf mois de recul continu, les détaillants indépendants auraient surtout besoin d'un véritable réveil de la consommation pour espérer inverser durablement la tendance.



