Chan Luu, marque fondée en 1996 par la créatrice d'origine vietnamienne Chan Luu, s'impose désormais dans le prêt-à-porter, un territoire qu'elle avait pourtant mis en pause avant la pandémie après l'avoir exploré à petite échelle aux côtés de la bijouterie fine et des accessoires artisanaux. Selon WWD, la marque lancerait en octobre sur Net-a-porter, sous la direction de la directrice générale et directrice créative Tessa Tran.
La progression de la catégorie est nette : le prêt-à-porter représentait 15 % de l'activité e-commerce de la marque l'année dernière, contre près de 50 % aujourd'hui, d'après WWD. Le média rapporte une croissance de 400 % pour cette seule catégorie, quand le chiffre d'affaires brut de l'entreprise progresse de 60 % depuis le début de l'année par rapport à la même période l'an dernier. L'e-commerce global affiche une hausse de 64 % en glissement annuel, et la vente en gros progresse de 20 %, avec des partenaires comme Moda Operandi, Fwrd, Shopbop et Nordstrom.
Cette dynamique s'appuie sur un parcours interne singulier. Tessa Tran a rejoint l'entreprise comme stagiaire avant d'en gravir les échelons ; en 2014, la fondatrice avait vendu une participation majoritaire à des investisseurs privés, puis Tran a entièrement racheté l'entreprise en 2023. « J'ai toujours été intéressée par le vêtement, et j'avais cette idée de créer une ligne de vêtements qui serait comme un accessoire, parce que Chan Luu est une marque d'accessoires », explique-t-elle.
La créatrice revendique une approche continue plutôt qu'une logique de collections jetables, avec ce qu'elle appelle « une ligne centrale qui n'a pas de porte tournante ». Parmi les pièces phares figurent les pantalons Techno Taffeta – déclinés au printemps en jaune doré et rose fuchsia –, le Pinch Waist Cardigan et le manteau Vienna Coat. La marque s'est aussi présentée aux New York Fashion Weeks de février et de septembre au cours de la dernière année, dont récemment au Marcel, sur l'Upper East Side.
Une fabrication artisanale revendiquée
La conception démarre dans le studio de Tran à Los Angeles et se poursuit via des ateliers familiaux au Vietnam, en Mongolie et en Inde. « Je ne conçois pas pour une cliente spécifique mais pour un mode de vie, quelqu'un qui veut être à l'aise tout en paraissant et se sentant soigné. Je ne fais pas de basiques », précise Tran, qui évoque aussi son lien avec la fondatrice : « Nous sommes séparées par des décennies et je l'admire énormément. Même avec cet écart d'âge, nous sommes attirées par les mêmes vêtements. »
Selon WWD, le mois de mai a été le meilleur mois de l'histoire de la marque pour l'e-commerce, réalisé sans remises ni promotions. Reste que cette accélération commerciale s'accompagne, pour Tran, d'un investissement personnel revendiqué dans la production : « J'aime vraiment voir l'entreprise grandir, et aussi avoir plus de contact direct avec le produit, le toucher, et pouvoir être en Inde pour concevoir en personne. »
